Quelques mots du fondateur,
J’ai passé 20 ans à côtoyer des malades alcooliques dans les entreprises, les dispositifs d’insertion, les associations d’anciens buveurs, les centres de cure et la vie quotidienne.
20 ans à écouter des histoires de vie douloureuses, dramatiques et toujours respectables parce qu’elles ne sont que le témoignage de maux par des mots.
20 ans à me poser à chaque fois la même question :
« Qu’aurait-il fallu faire pour éviter tant de souffrance ? ».
20 ans de recherches, de réflexion, de formation, de maturation pour créer ALPAConsultants autour de 3 domaines d’intervention :
- Formation à l’alcoologie
- Prévention du risque alcool
- Accompagnement de malades alcooliques en entreprise et dans les dispositifs d’insertion
L’alcool et les jeunes, l’alcoolisme féminin, la prévention de l’alcoolisme au travail, l’exclusion sociale et l’alcoolisme sont au centre de mes préoccupations et de mon engagement sans toutefois faire des boissons alcoolisées l’ennemi à combattre. Ce n’est ni le sujet, ni l’enjeu. Ce serait opposer 90% de consommateurs « normaux » au 10% de malades alcooliques estimés, comme si il y avait d’un coté les bons et de l’autre les « vilains ». Il y a juste, en France, environ 5 millions de personnes, hommes et femmes, qui souffrent de dépendance à l’alcool et qui méritent toute notre attention et notre aide.
Dominique Nouet, alcoologue.
Entre boire et déboires…
Devenir malade alcoolique n’a rien de fatal et ne fait appel à aucun déterminisme. L’entrée progressive dans la maladie se fait avec la rencontre entre l’individu et l’alcool et la conjonction de facteurs sociaux, individuels, familiaux, environnementaux.
L’action préventive associe les éléments incontournables d’une bonne pratique : l’individu, le produit et le contexte de consommation. La philosophie ALPAConsultants est basée sur la responsabilité individuelle par opposition à toute tentation de l’interdit. Il ne s’agit pas d’opposer le « boire » au « non boire » qui ne doit être dicté que par la mise en danger de soi même ou d’autrui (prévention routière, femmes enceintes, pathologies mortelles etc…).
L’alcoolisme est une maladie chronique et évolutive aux conséquences individuelles, familiales et sociales. Ainsi que l’écrivait Pierre Fouquet : « Le chemin du malade alcoolique conduit du premier verre puis au bar du coin, à l’hôpital, la prison et enfin au cimetière si il n’y a pas arrêt de l’alcoolisation ».
L’entourage du malade alcoolique doit requérir toute l’attention. La famille, l’entreprise, les dispositifs sociaux, les amis sont des acteurs passifs ou actifs. Ils ne peuvent être tenus responsables de l’alcoolisme mais ils sont des piliers importants dans le (long) chemin de la personne alcoolique vers une démarche de soins.
Le projet de vie
L’abstinence est la seule solution efficace pour…arrêter l’alcool. Ce n’est pas une lapalissade mais une réalité parfois difficile à intégrer par le malade alcoolique et l’entourage. La reprise d’alcool constitue ce que beaucoup de malades vivent comme un échec : la rechute. Pourtant, il convient de positiver celle-ci comme une étape parfois nécessaire, utile mais jamais indispensable dans le parcours de soins.
Nous concevons l’abstinence comme un projet de vie. Vivre sans alcool n’a rien d’impossible pourvu que le malade alcoolique se donne les moyens du changement pour revenir dans une vie apaisée et heureuse avec un environnement attentif qui aura admis et intégré son réel désir d’arrêter l’alcool.
Le rôle de l’alcoologue
L’alcoologue ALPAConsultants est le correcteur et le rédacteur d’un scénario mis en scène par la personne alcoolique.
Disponibilité, patience, compétence, empathie, tolérance sont des valeurs de base pour aider et accompagner. Reprenant l’idée des outils et des moyens, il nous semble impossible d’utiliser une perceuse sans avoir lu le mode d’emploi. C’est une partie de l’engagement de l’alcoologue : proposer au malade alcoolique le mode d’emploi et le fonctionnement de l’abstinence. Cela inclut de s’appuyer sur les piliers de l’alcoologie sans lesquels aucun accompagnement ne serait efficace : pilier social, individuel, psychologique, médical, familial, corporel, culturel et associatif (associations d’anciens buveurs).
Le chemin d’une liberté
La liberté est au cœur de toute vie sans alcool. Cette notion ne fait appel à aucun angélisme, aucune baguette magique et solution toute faite mais au désir et à l’envie du malade alcoolique. Ce (simple) désir de redevenir maitre de ses vies et pouvoir de nouveau en décider lucidement des orientations. Si la personne alcoolique n’est plus maitre de ses choix essentiels, c’est bien parce que l’alcool a pris le pouvoir. Sans partage.
Dans le contrat moral passé avec le malade alcoolique, l’alcoologue lui demandera une rigoureuse honnêteté intellectuelle, de garder l’esprit ouvert, de regarder et comprendre les parcours d’anciens buveurs guéris, d’appliquer les conseils sans que cela soit un acte aveugle mais une confiance partagée .
« Est malade alcoolique celui qui a perdu la liberté de s’abstenir de boire »
(Pierre Fouquet, médecin alcoologue, fondateur de la Fédération Française de l’Alcoologie ».
