Quelques chiffres
Consommation en France : environ 10 litres d’alcool pur par an et par habitant
10 % environ de la population adulte
Entre 60 et 80 000 décès par an dus à l’alcool
Deuxième cause de mortalité après les cancers
75% des crimes et délits sous l’emprise de l’alcool
15% des accidents du travail dus à l’alcool
40 % des érémistes en danger avec l’alcool
Qu’est-ce que l’alcoolisme ?
« Il y a une différence entre boire une boisson qui contient de l’alcool et boire une boisson parce qu’elle contient de l’alcool ». (J. Maisondieu, psychiatre, « Les Alcooléens »)
L’alcoolisme est le résultat d’une rencontre entre un individu et un produit l’alcool. Comme toute rencontre, elle a ses fondements, ses réalités, son plaisir et après un temps plus ou moins long, elle devient une souffrance.
« L’alcoolisme, c’est la perte de liberté de s’abstenir de boire ». ( P.Fouquet, médecin alcoologue)
L’alcoolisme s’installe progressivement avec les effets psycho actifs du produit, l’alcool, qui agit sur le comportement de l’individu comme un médicament anti stress, anti mal de vivre, anti souffrance ou tout simplement comme une habitude. Moins le malade alcoolique parvient à obtenir l’effet recherché, plus il s’alcoolise et plus son organisme tolère l’alcool, jusqu’à ne plus pouvoir arrêter l’alcoolisation.
Les difficultés sociales, familiales, professionnelles, psychologiques, individuelles, environnementales favorisent le recours à l’alcool que nous pourrions résumer ainsi : « Plus j’ai mal, plus je bois, plus je bois, plus j’ai mal ».
La dépendance recouvre la dépendance physique et psychologique. La dépendance physique se caractérise par l’apparition de troubles du sevrage en cas d’arrêt de l’alcool, l’organisme réclamant alors sa « dose » pour fonctionner. La dépendance psychologique correspond au besoin impérieux de boire à tel point que le malade alcoolique va organiser sa vie autour d’une seule obsession : boire.
La culpabilité, le déni, la souffrance sont des éléments clés de la maladie. Le malade alcoolique ne peut plus vivre avec et sans alcool.
Qu’est ce que l’abstinence ?
L’abstinence totale et définitive est la seule solution pour stopper la maladie alcoolique. C’est une décision personnelle qui est initiée par la prise de conscience de la maladie et le sentiment pour le malade d’avoir touché le fond. Se reconnaitre malade alcoolique n’est pas chose facile, surtout si l’on considère l’image sociale de « l’alcoolo, l’ivrogne » et le sentiment de frustration répété face aux multiples tentatives d’arrêt et la pression de l’entourage.
Les rechutes font partie du processus de soins et, même si elles sont traumatisantes, sont souvent utiles dans la mesure où elles confirment la dépendance à l’alcool et la nécessité de ne jamais reprendre de l’alcool sous quelque forme que ce soit.
Les méthodes de soins
Plusieurs méthodes de soins existent et s’organisent toutes autour d’un protocole incontournable : le sevrage physique et ensuite le sevrage psychologique. Si le sevrage physique est rapide, environ 10 jours, le sevrage psychologique est beaucoup plus long et requiert un accompagnement par un intervenant spécialisé en alcoologie. La prise en compte des piliers de l’alcoologie est alors indispensable pour accompagner le malade alcoolique dans sa démarche de soins : pilier social, individuel, familial, psychologique, médical, culturel, sans oublier la présence des associations d’anciens buveurs.
