Alcool et insertion professionnelle
Un constat
Une enquête des ORS (Office Régionale de la Santé) en 2000 et portant sur des personnes malades alcooliques avec ou sans dépendance laisse apparaitre une proportion 3 fois plus élevée chez les allocataires du RMI par rapport aux salariés en activité. 45% des érémistes sont en grande difficulté avec l’alcool pour 15% des salariés.
Plus la situation sociale est difficile, plus les facteurs d’alcoolisation se multiplient avec un sentiment d’exclusion, de solitude et la difficulté de retrouver une situation socio-professionnelle stable. Il semble clair que l’éloignement de l’emploi favorise l’installation de l’alcoolisme et que la maladie accélère les phénomènes d’exclusion sociale.
Entre la perte d’emploi et l’entrée dans le chômage de longue durée associée à des situations d’alcoolisme, les plus touchés se situent chez les hommes dans la tranche d’âge des 35-50 ans.
Des parcours
Entre la perte d’emploi et l’entrée dans le chômage de longue durée, la tranche d’âge la plus touchée est celles des hommes de 35 et 45 ans. L’éloignement de l’emploi s’accompagne d’un rapprochement avec l’alcool en raison, entre autre, du rôle « social » de la consommation. Dans les bars, entre amis, l’alcool sert de vecteur social et la communication s’établit autour de « brèves de comptoir » qui tiennent tout autant de la révolte que de la désillusion ou encore de la perte totale de confiance et de repères. Se constitue alors un groupe social régi par l’exclusion de l’emploi et l’appartenance au groupe des érémistes et alimenté par l’alcool comme régulateur du lien social.
Inexorablement, la maladie alcoolique s’installe dans les parcours individuels et aggrave une situation sociale déjà très précaire.
Nombre de SDF qui décèdent été comme hiver ont suivi et subi ce parcours de la perte d’emploi à l’exclusion sociale….
Alcool et insertion professionnelle
Dans les dispositifs d’insertion et les actions d’accompagnements, l’alcoolisme n’est pas la priorité des conseillers. Les raisons ne tiennent pas à leur absence de volonté d’aider les personnes alcooliques, mais aux objectifs de la mission : l’emploi, le logement, les problèmes sociaux et la santé. Les réticences à parler alcool, le fait de considérer que l’alcoolisme reste un problème privé, le manque de temps et les difficultés à instaurer un dialogue sur la problématique alcool sont d’autres freins qui rendent difficiles un travail de fond ou d’approche autour d’une démarche de soins.
Pourtant la dépendance à l’alcool suggère un constat : le produit alcool prend le pouvoir sur le comportement de l’individu, ce qu’une association d’anciens buveurs traduit par « la perte de maitrise des vies ».
Facteurs et conséquences de l’exclusion sociale
Il convient de poser le problème alcool-insertion comme un élément moteur de l’exclusion sociale et pas seulement comme un symptôme.
Les facteurs sociaux jouent un rôle important dans le processus d’alcoolisation : perte d’emploi, difficultés financières, problèmes judiciaires, de santé, sociaux, séparation, divorce etc. Ces facteurs font partie intégrante de la maladie alcoolique et de son évolution, qu’ils en soient la cause ou les conséquences.
Dans les facteurs psychiques d’exclusion, il faut retenir le sentiment de solitude, de rejet, d’inutilité, l’absence d’activité, la dépression, etc. Associés aux facteurs sociaux, ils constituent un ensemble de motivations à combattre le mal être social par le recours à l’alcool.
